De Eredan.

(Différences entre les versions)
(Chapitre 1 - L'appel de l'Ombre)
(Chapitre 1 - L'appel de l'Ombre)
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Mais c'était sans compter sur la puissante magie de Dragon ! Depuis le début du combat Maître-Mage Pilkim aidé d'Aerouant et d'un certain nombre de mages pratiquaient discrètement un rituel expérimental et bien particulier. Aerouant connaissait bien les démons, il savait qu'ils ne mourraient pas vraiment. Aussi il entreprit de bloquer temporairement le chemin d'accès entre les méandres et l'invocateur. La terre se craquela sous l'effet de l'apparition de grandes lignes de magie à la lumière bleue. Ces lignes s'entrecoupèrent pour former comme une sorte de gigantesque toile d'araignée.
Mais c'était sans compter sur la puissante magie de Dragon ! Depuis le début du combat Maître-Mage Pilkim aidé d'Aerouant et d'un certain nombre de mages pratiquaient discrètement un rituel expérimental et bien particulier. Aerouant connaissait bien les démons, il savait qu'ils ne mourraient pas vraiment. Aussi il entreprit de bloquer temporairement le chemin d'accès entre les méandres et l'invocateur. La terre se craquela sous l'effet de l'apparition de grandes lignes de magie à la lumière bleue. Ces lignes s'entrecoupèrent pour former comme une sorte de gigantesque toile d'araignée.
Amidaraxar comprit de quoi il s'agissait lorsque les démons qu'il rappelait ne purent revenir. A ce moment précis il sut qu'il venait de perdre la bataille...
Amidaraxar comprit de quoi il s'agissait lorsque les démons qu'il rappelait ne purent revenir. A ce moment précis il sut qu'il venait de perdre la bataille...
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==Chapitre 2 - Cambriolage==
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L’Arc-Kadia dessina de larges cercles autour du palais de Bramamir, laissant derrière lui deux sillons de fumée tout droit sortie de ses deux imposants moteurs. Puis le navire ralentit, au début imperceptiblement puis de plus en plus, finalement il s’arrêta totalement au niveau du balcon du bureau du gouverneur. Al la triste suivie du commandant Malderez et de deux autres personnes qui retenaient l’Etranger désormais prisonnier de la célèbre pirate s’engouffrèrent par l’ouverture avant que l’Arc-Kadia ne s’en aille.
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A l’intérieur le bureau semblait abandonné, des parchemins scellés attendaient sagement sur le bureau que quelqu’un veuille bien les lire. L’Amiral fit signe à Malderez de les récupérer, elle s’en occuperait sûrement lorsque le moment sera venu. Mais pour l’instant elle avait mieux à faire, elle tenait celui que l’on nommait l’Etranger, recherché par toutes les guildes et pour lequel une forte somme était offerte par le Conseil des Guildes. Mais alors que faisait-elle ? Pourquoi ne pas avoir directement mis le cap sur le château de Kaes pour livrer leur prisonnier ? Une fois n’était pas coutume, c’était l'appât du gain ou devrait-on dire la possibilité d’avoir le beurre, l’argent du beurre et tout ce qui va avec qui motivait notre cupide Amiral. Encore un plan des plus “piratesques” consciencieusement pensé pour ne pas dire réfléchi entre deux goulées d’un alcool sorti d’on ne savait quelle distillerie douteuse. L’Etranger avait une valeur, celle de la prime tout d’abord, mais aussi toute autre car le personnage s’avérait être un Equinoxien ! Et d’après les rapports du Conseil, il existerait encore des vestiges de cette civilisation et donc potentiellement des trésors cachés. Cela suffisait pour motiver Al la triste qui depuis quelques temps déjà s’ennuyait. Une petite filouterie de plus était une bonne perspective pour une honnête pirate. La troupe fila en direction des geôles désormais bondées de politiciens véreux de l’ancien régime. Une séance de nettoyage de cellule plus tard l’Etranger se retrouva à nouveau enfermé.
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- Nous n’allons pas faire les erreurs des draconiens Etranger, tu vas être sous une surveillance étroite. Ne pense même pas à utiliser un quelconque pouvoir magique.
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- Personne ne me retiendra, croyez-moi.
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- Nous verrons bien, passe une bonne nuit Etranger, demain nous discuterons de ton avenir. La nuit porte conseil parait-il...
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Dans la prison, les ronflements de concert des nombreux pensionnaires maintenaient éveillé Malderez qui se retrouvait là à surveiller le prisonnier. C’était là une punition que le commandant acceptait, résigné et toujours dépité d’avoir perdu son propre navire. Malderez et l’Etranger avaient déjà passé plus de trois heures à se regarder l’un l’autre dans un duel de regards. Puis lassé, Malderez s’occupa à démonter son arme pour la nettoyer un peu. Il ne se doutait pas un instant que du côté de l’Etranger il se passait quelque chose.
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Dehors, sur les toits une silhouette se détachait, à peine éclairée par les rayons d’une lune presque pleine. Les formes trahissaient la nature féminine de ce monte-en-l’air. La jeune femme, aussi agile qu’un chat arriva au bout d’un moment sur le toit de la tour-prison de Bramamir. Le bout d’une longue corde tomba juste en-dessous de la fenêtre à barreaux de la cellule de l’Etranger, puis la jeune femme s’accrocha à la corde avant de se laisser glisser. Elle veilla à ne pas faire le moindre bruit. Une fois arrivée au bout elle fit un noeud de manière à pouvoir agir main libre. A l’intérieur ni l’Etranger ni Malderez ne se rendaient compte de la présence de la monte-en-l’air. Elle en profita alors pour mettre son plan à exécution. Elle farfouilla dans son sac et en tira deux cristaux plats de couleur bleue. Discrètement elle gratta sur un des barreaux pour attirer l’attention de l’Etranger, celui-ci tourna la tête et vit la jeune femme avec le doigt posé sur sa bouche pour lui dire de garder le silence. Il garda son attention sur elle, cette dernière lui tendit un des deux disques qu’il accepta. Héléna posa la main sur le cristal qu’elle avait gardé en voyant que l’Etranger tenait le sien.
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- Tiens bien ce cristal, il nous permet de discuter par la pensée du moment que nous avons tous les deux un contact avec.
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- Qui es-tu ?
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- Je m'appelle Héléna, je suis ton ticket de sortie... du moins si tu coopères, ce qui je pense sera le cas.
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- Je t’écoute.
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- Je ne fais partie d’aucune organisation, je suis indépendante. J’ai voué ma vie à retrouver les vestige de notre passé et ton cas m’intéresse. Tu es un Equinoxien n’est-ce pas ? J’en connais un bout sur ton histoire et je t’avoue que je cherche des reliques de ta civilisation. Est-ce qu’il y a ce style de reliques en Terre de Guem ?
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- Pourquoi te donnerais-je ce qui appartient à mon peuple ?
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- Parce que je peux te sortir de là et te permettre d’accomplir ta mission... oui je suis au courant de ça.
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- Tu trahirais les tiens ?
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- Oui je m’en fiche bien de ces idiots, et puis même si le monde était peuplé d’Equinoxiens je pourrais vivre sans qu’aucun d’entre vous ne me retrouve. A moins d’inclure dans notre marché un sauf conduit éternel en ma faveur. Décide-toi nous n’avons pas de temps à perdre. Je te sors de là, tu me conduis jusqu’à des reliques de ton peuple et tout le monde est content ! Alors ? Tu marches avec moi ?
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Le choix paraissait évident, d’un côté Al la triste et un avenir plutôt obscur, de l’autre la liberté au prix de quelques babioles. Il aurait tout le loisir de tuer cette Héléna par la suite.
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- J’accepte.
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- Génial ! Allez, au travail, garde ce disque avec toi pour communiquer, dit-elle en fouillant dans son sac de sa main libre.
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Elle sortit un cristal pour le caler à l’intérieur de la cellule sur le lit à côté de l’Etranger. Quelques instants après la magie opéra.
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- A présent nous pouvons faire le bruit que nous voulons, ton geôlier ne remarquera rien.
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Héléna farfouilla à nouveau pour en sortir cette fois une fiole de la taille d’une poire. Elle versa un peu de son contenu sur le haut et le bas des barreau. Le liquide translucide un peu visqueux rongea le métal avec facilité et l’Etranger eut à peine à forcer pour les enlever. Encore une évasion spectaculaire de l’Equinoxien.
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Quelques jours plus tard, Héléna et l’Etranger à bord d’un navire volant volé approchaient des ruines de Caislean. Craignant alors de se faire repérer, le navire se posa à bonne distance et les deux membres d’équipage s’aventurèrent en direction de l’objectif. Ils traversèrent la forêt dense jusqu’à la lisère où enfin les ruines furent visibles. C’est à ce moment-là que l’Etranger se décida à agir. Maintenant qu’il était là, enfin débarrassé des pirates, il ne lui restait plus qu’à tuer Héléna puis rentrer en contact avec un Metamage pour obtenir de nouveaux ordres. Il laissa passer la jeune femme devant lui puis s’apprêta à frapper. C’est là qu’il sentit un objet pointu dans son dos. C’était Al la triste, arme à la main.
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- La nuit a-t-elle porté conseil ? Dit l’Amiral en plaisantant.
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Héléna souriait satisfaite de son petit tour.
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- Amiral, merci pour ton intervention.
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- Ça faisait partie de notre arrangement, voleuse.
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- Vous êtes de mèche ? S’étonna l’Etranger.
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Héléna lui adressa un sourire qui en disait long sur comment elle l’avait dupé.
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- Evidemment dit-elle. L’Amiral n’est pas une idiote, elle s’est renseigné sur toi et elle savait que tu ne dirais rien sur les nombreux sujets qu’elle aurait abordé. Donc il nous fallait agir de façon détournée avec toi. L’Amiral a fait appel à mes services et je l’en remercie. Je lui ai proposé ce plan : gagner ta confiance en t’aidant à te libérer, puis une fois libre que tu nous conduises à l’endroit où se trouve le trésor, cette ruine si je ne m’abuse. L’Amiral et quelques autres qui sont d’ailleurs assez mal cachés il faut l’avouer, nous ont suivi et nous devions ensuite te capturer à nouveau. C’est d’ailleurs chose faite.
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- Allez, entrons dans ces ruines et trouvons les trésors qui y sont enfermés, ajouta l’Amiral en faisant signe à ses hommes de menotter leur “invité”. Tu viens avec nous, pas question d’y aller sans toi.
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Peu de temps après le coup d’éclat, Al la triste, Héléna et l’Etranger s’enfonçaient dans le dédale de couloirs sous les ruines de cette ancienne résidence de Metamages, des magiciens Equinoxiens très puissants, disparus depuis des éons.
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- Ne croyez pas que je vais vous dire quoi que ce soit femmes humaines, vous n’êtes rien pour moi et...
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Héléna s’arrêta pour le gifler.
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- Il parait que votre société est dirigée par les femmes justement, alors boucle-la.
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Elle sortit alors un chiffon avant d’en bâillonner son exécrable compagnon. Une fois réduit au silence la voleuse montra le disque de cristal qu’elle utilisait pour parler avec lui.
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- J’ai un plan, je ne pars jamais sans m’assurer avant que je parviendrai à mes buts. Ceci me permet de parler avec toi par la pensée, mais aussi à comprendre la langue d’une personne étrangère. Je vais pouvoir lire tous les symboles qui sont sur ces murs, dit-elle en montrant les grandes parois d’une salle dans laquelle ils se trouvaient.
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Le temps passa vite à l’intérieur du complexe, et deux heures s’étaient déjà volatilisées. Héléna menait la petite troupe en suivant les indications et les indices disséminés un peu un peu partout. Elle comprenait mieux la façon de penser des Equinoxiens. Leur magie se basait sur les écritures, visibles ou non. L’édifice était un véritable gruyère et beaucoup de portes n’étaient visibles qu’après des manipulations particulières que seul un Equinoxien, ou quelqu’un connaissant la langue, pouvait comprendre. C’est ainsi qu’elle parvint à résoudre des énigmes complexes et découvrir une vaste salle en partie écroulée.
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- Je crois que je tiens quelque chose les amis ! S’écria Héléna en sautillant.
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- Quoi ? Y a rien ici à part des décombres, répondit l’Amiral la mine perplexe.
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- Que tu crois ! Regarde !
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Héléna s’approcha d’un mur couvert de poussière et frotta dessus sur une petite partie à hauteur de genoux. Il y avait là plusieurs serrures disposées sur différentes portes, comme une série de petits coffres-forts. De quoi faire rêver la jeune voleuse qui détacha de sa ceinture une sorte de clé à l’aspect très étrange.
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- L’affaire est dans le sac Amiral !
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Version du 21 juin 2013 à 08:57

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Sommaire

Histoire

Chapitre 1 - L'appel de l'Ombre

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Lorsqu’un corbeau se posa sur le rebord de la fenêtre et croassa à plusieurs reprises, un craquement se fit entendre, des lattes de plancher pliaient sous le poids des pas de l’unique résidant de cette immense demeure xziarite. Le corbeau, loin de se démonter, croassa de plus belle lorsqu’il perçut que quelqu’un montait les escaliers afin de rejoindre l’étage et la chambre où il se trouvait. Enfin, après une longue minute la porte de la chambre coulissa en laissant échapper un grincement. Le corbeau stoppa ses cris et observa l’arrivant ; un homme frêle vêtu d’une tenue typiquement xziarite sur laquelle les attributs du clan du Corbeau étaient bien visibles. Ce qui aurait pu choquer une quelconque personne qui rencontrait pour la première fois Hisomu c’était ce voile blanc large d’une vingtaine de centimètres tombant jusqu’aux genoux. Sur la partie basse du voile étaient inscrits deux idéogrammes qui ensemble signifiaient “fantôme”. En un seul pas l’homme se retrouva de l’autre côté de la pièce, juste devant le corbeau qui inclinait la tête. D’une main presque squelettique Hisomu caressa la tête du volatile qui sembla apprécier l’attention.

- Chidori... cela fait des mois que je ne t’ai vu. T’es-tu souvenu d’un coup d’un seul que j’existais encore ?

A ce moment-là dans un nuage de fumée Chidori qui s’avérait être le corbeau reprit son apparence normale. La jeune femme resta appuyée sur le rebord de la fenêtre comme si quelque chose l'empêchait d’entrer.

- Hisomu... toujours aussi aimable. Je suis désolée de ne pas te rendre visite plus souvent, mais c’est … compliqué.

- Compliqué ? Dis plutôt que tu ne veux pas que Seigneur Daijin sache que tu me rends visite.

- Crois-tu que nous pouvons lui cacher quelque chose, c’est lui qui m’envoie.

- Il a bien choisi son messager. Et qu’est-ce que mon seigneur me veut ?

- Il a besoin de ce que tu gardes pour lui depuis des années.

Hisomu se figea, envahi par les souvenirs. Cela le projeta bien des années plus tôt à Meragi. Il n’était qu’un enfant, rejeté des siens car marqué du sceau de l’infamie. En effet Hisomu avait le malheur d’être né avec des difformités dues au fait qu’il était naturellement un guémélite de l’ombre, un fait aussi rare d'exceptionnel. Les autres enfants furent cruels avec lui comme les enfants peuvent l’être souvent vis-à-vis de l’anormalité. En grandissant cela ne s’arrangea pas et Hisomu tenta d’en finir avec la vie à plusieurs reprises. Sans la rencontre avec Daijin il ne serait sûrement plus vivant aujourd’hui. Le Corbeau lui fit une offre qu’il ne put refuser. Alors il l’envoya dans une zone reculée pour vivre dans une vieille demeure où nul ne pourrait se moquer de lui. On lui donna à garder un secret qui serait en partie protégé par magie et lorsque le Corbeau désirerait qu’on lui apporte ce secret, Hisomu serait alors chargé de cette mission. Ce jour était venu.

- Il en sera fait selon son désir. Tu peux lui dire que je fais le nécessaire. Je vous rejoindrai le moment venu.

- Ne tarde pas trop, dit-elle avant de se retransformer en corbeau et s’envoler.


Perché sur son rocher Daijin surveillait les alentours. Il le savait, les néhantistes n’étaient pas loin et la confrontation inévitable. Il avait longuement préparé une stratégie qui devrait permettre de sauver l’empire ou du moins ce qui l’était encore. Mais pour cela il lui fallait Hisomu et ce fameux secret. Chidori avait fait son travail, il ne lui restait plus qu’à garder patience. Karasu à quelques pas derrière Daijin finit de lire un parchemin qu’il roula ensuite.

- Seigneur, les troupes du Seigneur Impérial Gakyusha et des autres généraux sont en place. Les Tsoutaï souhaitent savoir si nous avons besoin d’un appui sur notre ligne.

- Non, nous devrions pouvoir tenir. Et qu'en est-il de nos alliés draconiens ?

- Comme vous le souhaitiez ils ont mis en place des écrans d’invisibilité sur les armées xziarites, ils attendent votre signal pour commencer le rituel d’isolement.

- Très bien, qu’ils se tiennent prêts. Une fois que le combat sera engagé il nous faudra resister le temps nécessaire. L’Empereur est-il hors de danger ?

- Il est là où il doit être.

A ce moment là un disque d’ombre apparut sur le sol à côté d’eux et Hisomu en sortit. Karasu recula en fronçant les sourcils car il ne l’appréciait pas et le jugeait trop instable. L’arrivant s’inclina respectueusement devant Daijin en tendant un rouleau à parchemin scellé par la marque du Corbeau.

- Me voici maître et voici ce que vous m’avez confié.

- Qu’est-ce ? Demanda Karasu.

- Un secret, dit Hisomu, et un secret ne doit pas être révélé !

- Tu as toujours été curieux mon petit Karasu. Je vais satisfaire ta curiosité. Mais avant cela je vais vous donner à tous deux des consignes.

- Je vous écoute seigneur, dit Karasu en bombant le torse.

- Je vais pratiquer un rite qui va m’épuiser plus que de raison. Lorsque celui-ci aura produit son effet il vous faudra m’écarter du combat, puis une fois en sécurité vous repartirez dans la mêlée jusqu’à ce que les draconiens aient fini leur propre rituel.

- Entendu, dit Hisomu.

- Il est temps d’agir, nous jouons la survie de l’Empire dans cette bataille, j’espère que vous saisissez l’importance que cela revêt.


Daijin, Karasu et Hisomu se trouvaient désormais au milieu d'une grande plaine. Devant eux au bout du champs la lisère d'une forêt aussi vieille que ce monde. Des oiseaux par dizaines s'envolaient, annonçant l'arrivée prochaine d'une horde de démons qui ne désiraient qu'une chose : détruire ! De l'autre côté de la plaine la maigre armée impériale composée de Tsoutaï, de traqueurs, de la garde impériale et de la quasi totalité du clan du Corbeau. Soit à peine quatre cent hommes qui devraient affronter des milliers de démons. Le moral était au plus bas parmi les simples hommes mais heureusement les Tsoutaï redonnaient courage à ceux qui en manquaient.


Daijin décacheta le rouleau apporté par Hisomu et une pure magie d'ombre s'en échappa. Des filaments d'ombre tombaient par terre et au contact du sol ils le modifiaient pour le rendre ténébreux. Dans un geste sec et puissant il déroula d'un coup le parchemin en ligne droite devant lui. Ce fut comme une explosion de magie, les filaments noirs, innombrables semblaient vivants et comme s'ils étaient enfermés depuis longtemps tentaient d'aller le plus loin possible. Karasu et Hisomu comprirent que le rituel avait débuté, d'ailleurs leur seigneur ressemblait moins à un vieillard à présent. Le Corbeau semblait plus jeune, plus puissant aussi, de grandes ailes de plumes noirs partaient de son dos. Il posa la main sur l’extrémité du parchemin devant lui et marmonna des incantations magiques. Les filaments noirs vibrèrent à l'unisson puis lentement ils se regroupèrent sous le Corbeau pour finalement s’agripper à ses pieds puis ses chevilles. La magie de l'ombre était sienne désormais et il se trouvait relié avec tous les guémélites de l'ombre des terres de Guem. Il se concentra alors sur la suite du rituel, une étape importante, cruciale même.

- Fils et filles de l'Ombre ! Mon nom est Daijin le Corbeau et j'implore votre venue jusqu'à moi ! Vous guémélites devez défendre cette terre dont vous êtes proche, une horde de démons menace l'Empire de Xzia ! Je vous convoque !

Très loin de là les premiers à réagir furent les guémélites de l'ombre des Combattants de Zil. Tous entendirent l'appel de Daijin et aucun d'entre eux ne savait l'Empire de Xzia en danger. Ainsi Zil fut le premier à répondre à l'appel, il sentait déjà la force de l'ombre l'attirer vers un autre lieu. Il hurla à tous les combattants de l'ombre de se laisser faire. En un clin d'œil il fut happé par l'ombre et en ressortit juste à côté de Daijin. Il en fut de même pour l'Aberration et tous les Combattants de Zil en mesure de venir.

- Tu as notre soutien Corbeau, dit Zil en sortant ses dagues.

Rapidement ils furent des centaines à apparaître, la plupart d'entre eux vivaient isolés de par leur spécificité, les guémélites de l'ombre étaient craints pour la grande majorité. Il y en avait de monstrueux et d'autres à l'apparence beaucoup plus proche de leur race d'origine. Mais tous étaient prêts à faire face aux démons. D'ailleurs, ceux-ci arrivaient enfin à la lisière de la forêt et ce qui suivit, Daijin ne pourrait en être témoin. Avoir fait venir jusqu'à lui tous ces guémélites de l'ombre l'avait grandement épuisé et il tomba inconscient. Karasu et Hisomu exécutèrent l'ordre de leur supérieur et éloignèrent Daijin. L'armée de l'ombre fut rejoint de celle de Xzia. Les Corbeaux se mêlèrent aux guémélites et firent passer le mot quant à la stratégie. Le but n'était pas de risquer des vies mais de retenir les démons le temps nécessaire à ce que le reste de l'armée intervienne et que les draconiens parviennent à accomplir leur rituel.


La bataille s'engagea. Amidaraxar s'étonna de voir cette armée hétéroclite mais le nombre était en sa faveur. Il ordonna à ses légions de fondre sur cette ridicule tentative de résistance. Mais le nombre n'était pas aussi important dans ce conflit, car les facultés et les habiletés de chacun jouèrent pour beaucoup. Et les défenseurs rivalisèrent face aux attaquants les techniques des ombres permirent aux guémélites de reprendre le dessus temporairement, les tentacules d'ombre par dizaines agrippaient les démons et les renvoyaient dans la direction par laquelle ils étaient venus. Puis alors que les démons se réorganisaient des hommes en armure rouge apparurent parmi les défenseurs. Les renforts tant attendus étaient là, prêts à en découdre. Le Seigneur-Gakyusha sonna l'assaut et la poignée de mages de la Draconie coupa les sorts d'invisibilité placé sur les armées. A présent en un contre un la bataille changea de visage. Les démons furent décimés et ceux-ci se regroupèrent pour faire front. Mais Amidaraxar n'avait pas dit son dernier mot, ses démons ne pouvaient réellement mourir, lorsque l'un d'eux tombait au combat il était renvoyé dans les Méandres. Mais le Néhantiste était en mesure de les ré-invoquer immédiatement, cette bataille ne pouvait finir que dans le sang de ses adversaires car les démons ne se fatiguaient pas.


Mais c'était sans compter sur la puissante magie de Dragon ! Depuis le début du combat Maître-Mage Pilkim aidé d'Aerouant et d'un certain nombre de mages pratiquaient discrètement un rituel expérimental et bien particulier. Aerouant connaissait bien les démons, il savait qu'ils ne mourraient pas vraiment. Aussi il entreprit de bloquer temporairement le chemin d'accès entre les méandres et l'invocateur. La terre se craquela sous l'effet de l'apparition de grandes lignes de magie à la lumière bleue. Ces lignes s'entrecoupèrent pour former comme une sorte de gigantesque toile d'araignée. Amidaraxar comprit de quoi il s'agissait lorsque les démons qu'il rappelait ne purent revenir. A ce moment précis il sut qu'il venait de perdre la bataille...


Chapitre 2 - Cambriolage

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L’Arc-Kadia dessina de larges cercles autour du palais de Bramamir, laissant derrière lui deux sillons de fumée tout droit sortie de ses deux imposants moteurs. Puis le navire ralentit, au début imperceptiblement puis de plus en plus, finalement il s’arrêta totalement au niveau du balcon du bureau du gouverneur. Al la triste suivie du commandant Malderez et de deux autres personnes qui retenaient l’Etranger désormais prisonnier de la célèbre pirate s’engouffrèrent par l’ouverture avant que l’Arc-Kadia ne s’en aille. A l’intérieur le bureau semblait abandonné, des parchemins scellés attendaient sagement sur le bureau que quelqu’un veuille bien les lire. L’Amiral fit signe à Malderez de les récupérer, elle s’en occuperait sûrement lorsque le moment sera venu. Mais pour l’instant elle avait mieux à faire, elle tenait celui que l’on nommait l’Etranger, recherché par toutes les guildes et pour lequel une forte somme était offerte par le Conseil des Guildes. Mais alors que faisait-elle ? Pourquoi ne pas avoir directement mis le cap sur le château de Kaes pour livrer leur prisonnier ? Une fois n’était pas coutume, c’était l'appât du gain ou devrait-on dire la possibilité d’avoir le beurre, l’argent du beurre et tout ce qui va avec qui motivait notre cupide Amiral. Encore un plan des plus “piratesques” consciencieusement pensé pour ne pas dire réfléchi entre deux goulées d’un alcool sorti d’on ne savait quelle distillerie douteuse. L’Etranger avait une valeur, celle de la prime tout d’abord, mais aussi toute autre car le personnage s’avérait être un Equinoxien ! Et d’après les rapports du Conseil, il existerait encore des vestiges de cette civilisation et donc potentiellement des trésors cachés. Cela suffisait pour motiver Al la triste qui depuis quelques temps déjà s’ennuyait. Une petite filouterie de plus était une bonne perspective pour une honnête pirate. La troupe fila en direction des geôles désormais bondées de politiciens véreux de l’ancien régime. Une séance de nettoyage de cellule plus tard l’Etranger se retrouva à nouveau enfermé.

- Nous n’allons pas faire les erreurs des draconiens Etranger, tu vas être sous une surveillance étroite. Ne pense même pas à utiliser un quelconque pouvoir magique.

- Personne ne me retiendra, croyez-moi.

- Nous verrons bien, passe une bonne nuit Etranger, demain nous discuterons de ton avenir. La nuit porte conseil parait-il...


Dans la prison, les ronflements de concert des nombreux pensionnaires maintenaient éveillé Malderez qui se retrouvait là à surveiller le prisonnier. C’était là une punition que le commandant acceptait, résigné et toujours dépité d’avoir perdu son propre navire. Malderez et l’Etranger avaient déjà passé plus de trois heures à se regarder l’un l’autre dans un duel de regards. Puis lassé, Malderez s’occupa à démonter son arme pour la nettoyer un peu. Il ne se doutait pas un instant que du côté de l’Etranger il se passait quelque chose. Dehors, sur les toits une silhouette se détachait, à peine éclairée par les rayons d’une lune presque pleine. Les formes trahissaient la nature féminine de ce monte-en-l’air. La jeune femme, aussi agile qu’un chat arriva au bout d’un moment sur le toit de la tour-prison de Bramamir. Le bout d’une longue corde tomba juste en-dessous de la fenêtre à barreaux de la cellule de l’Etranger, puis la jeune femme s’accrocha à la corde avant de se laisser glisser. Elle veilla à ne pas faire le moindre bruit. Une fois arrivée au bout elle fit un noeud de manière à pouvoir agir main libre. A l’intérieur ni l’Etranger ni Malderez ne se rendaient compte de la présence de la monte-en-l’air. Elle en profita alors pour mettre son plan à exécution. Elle farfouilla dans son sac et en tira deux cristaux plats de couleur bleue. Discrètement elle gratta sur un des barreaux pour attirer l’attention de l’Etranger, celui-ci tourna la tête et vit la jeune femme avec le doigt posé sur sa bouche pour lui dire de garder le silence. Il garda son attention sur elle, cette dernière lui tendit un des deux disques qu’il accepta. Héléna posa la main sur le cristal qu’elle avait gardé en voyant que l’Etranger tenait le sien.

- Tiens bien ce cristal, il nous permet de discuter par la pensée du moment que nous avons tous les deux un contact avec.

- Qui es-tu ?

- Je m'appelle Héléna, je suis ton ticket de sortie... du moins si tu coopères, ce qui je pense sera le cas.

- Je t’écoute.

- Je ne fais partie d’aucune organisation, je suis indépendante. J’ai voué ma vie à retrouver les vestige de notre passé et ton cas m’intéresse. Tu es un Equinoxien n’est-ce pas ? J’en connais un bout sur ton histoire et je t’avoue que je cherche des reliques de ta civilisation. Est-ce qu’il y a ce style de reliques en Terre de Guem ?

- Pourquoi te donnerais-je ce qui appartient à mon peuple ?

- Parce que je peux te sortir de là et te permettre d’accomplir ta mission... oui je suis au courant de ça.

- Tu trahirais les tiens ?

- Oui je m’en fiche bien de ces idiots, et puis même si le monde était peuplé d’Equinoxiens je pourrais vivre sans qu’aucun d’entre vous ne me retrouve. A moins d’inclure dans notre marché un sauf conduit éternel en ma faveur. Décide-toi nous n’avons pas de temps à perdre. Je te sors de là, tu me conduis jusqu’à des reliques de ton peuple et tout le monde est content ! Alors ? Tu marches avec moi ?

Le choix paraissait évident, d’un côté Al la triste et un avenir plutôt obscur, de l’autre la liberté au prix de quelques babioles. Il aurait tout le loisir de tuer cette Héléna par la suite.

- J’accepte.

- Génial ! Allez, au travail, garde ce disque avec toi pour communiquer, dit-elle en fouillant dans son sac de sa main libre.

Elle sortit un cristal pour le caler à l’intérieur de la cellule sur le lit à côté de l’Etranger. Quelques instants après la magie opéra.

- A présent nous pouvons faire le bruit que nous voulons, ton geôlier ne remarquera rien.

Héléna farfouilla à nouveau pour en sortir cette fois une fiole de la taille d’une poire. Elle versa un peu de son contenu sur le haut et le bas des barreau. Le liquide translucide un peu visqueux rongea le métal avec facilité et l’Etranger eut à peine à forcer pour les enlever. Encore une évasion spectaculaire de l’Equinoxien.


Quelques jours plus tard, Héléna et l’Etranger à bord d’un navire volant volé approchaient des ruines de Caislean. Craignant alors de se faire repérer, le navire se posa à bonne distance et les deux membres d’équipage s’aventurèrent en direction de l’objectif. Ils traversèrent la forêt dense jusqu’à la lisère où enfin les ruines furent visibles. C’est à ce moment-là que l’Etranger se décida à agir. Maintenant qu’il était là, enfin débarrassé des pirates, il ne lui restait plus qu’à tuer Héléna puis rentrer en contact avec un Metamage pour obtenir de nouveaux ordres. Il laissa passer la jeune femme devant lui puis s’apprêta à frapper. C’est là qu’il sentit un objet pointu dans son dos. C’était Al la triste, arme à la main.

- La nuit a-t-elle porté conseil ? Dit l’Amiral en plaisantant.

Héléna souriait satisfaite de son petit tour.

- Amiral, merci pour ton intervention.

- Ça faisait partie de notre arrangement, voleuse.

- Vous êtes de mèche ? S’étonna l’Etranger.

Héléna lui adressa un sourire qui en disait long sur comment elle l’avait dupé.

- Evidemment dit-elle. L’Amiral n’est pas une idiote, elle s’est renseigné sur toi et elle savait que tu ne dirais rien sur les nombreux sujets qu’elle aurait abordé. Donc il nous fallait agir de façon détournée avec toi. L’Amiral a fait appel à mes services et je l’en remercie. Je lui ai proposé ce plan : gagner ta confiance en t’aidant à te libérer, puis une fois libre que tu nous conduises à l’endroit où se trouve le trésor, cette ruine si je ne m’abuse. L’Amiral et quelques autres qui sont d’ailleurs assez mal cachés il faut l’avouer, nous ont suivi et nous devions ensuite te capturer à nouveau. C’est d’ailleurs chose faite.

- Allez, entrons dans ces ruines et trouvons les trésors qui y sont enfermés, ajouta l’Amiral en faisant signe à ses hommes de menotter leur “invité”. Tu viens avec nous, pas question d’y aller sans toi.

Peu de temps après le coup d’éclat, Al la triste, Héléna et l’Etranger s’enfonçaient dans le dédale de couloirs sous les ruines de cette ancienne résidence de Metamages, des magiciens Equinoxiens très puissants, disparus depuis des éons.

- Ne croyez pas que je vais vous dire quoi que ce soit femmes humaines, vous n’êtes rien pour moi et...

Héléna s’arrêta pour le gifler.

- Il parait que votre société est dirigée par les femmes justement, alors boucle-la.

Elle sortit alors un chiffon avant d’en bâillonner son exécrable compagnon. Une fois réduit au silence la voleuse montra le disque de cristal qu’elle utilisait pour parler avec lui.

- J’ai un plan, je ne pars jamais sans m’assurer avant que je parviendrai à mes buts. Ceci me permet de parler avec toi par la pensée, mais aussi à comprendre la langue d’une personne étrangère. Je vais pouvoir lire tous les symboles qui sont sur ces murs, dit-elle en montrant les grandes parois d’une salle dans laquelle ils se trouvaient.


Le temps passa vite à l’intérieur du complexe, et deux heures s’étaient déjà volatilisées. Héléna menait la petite troupe en suivant les indications et les indices disséminés un peu un peu partout. Elle comprenait mieux la façon de penser des Equinoxiens. Leur magie se basait sur les écritures, visibles ou non. L’édifice était un véritable gruyère et beaucoup de portes n’étaient visibles qu’après des manipulations particulières que seul un Equinoxien, ou quelqu’un connaissant la langue, pouvait comprendre. C’est ainsi qu’elle parvint à résoudre des énigmes complexes et découvrir une vaste salle en partie écroulée.

- Je crois que je tiens quelque chose les amis ! S’écria Héléna en sautillant.

- Quoi ? Y a rien ici à part des décombres, répondit l’Amiral la mine perplexe.

- Que tu crois ! Regarde !

Héléna s’approcha d’un mur couvert de poussière et frotta dessus sur une petite partie à hauteur de genoux. Il y avait là plusieurs serrures disposées sur différentes portes, comme une série de petits coffres-forts. De quoi faire rêver la jeune voleuse qui détacha de sa ceinture une sorte de clé à l’aspect très étrange.

- L’affaire est dans le sac Amiral !

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